Bombes à neutrons...

Publié le par Nico






 
 


Rita s'est faite flashée à 240 km/h. Elle est encore en mer, devrait toucher les côtes US samedi matin. Née le long de l'équateur, Rita a grandi et forci au dessus des eaux à plus de 30° du Golf du Mexique. Passée de force 5 à force 4, Rita avance à pas de loup, à plus ou moins 15 km/h, soit trois fois la vitesse de transhumance des familles apeurées sur les autoroutes surchargées des alentours de Houston. Si Katrina (analyse de Hugo via Adam - décidément) a été le symbole de la faillite d'un système (bel article via Bellacio), Rita se veut l'image même d'une solidarité et d'une anticipation forte. Le Texas n'est pas la Louisiane. Et les champs de pétrole, déjà dévastés, justifient (triste constat mercantile) l'attention considérable des forces de l'ordre, tout autant qu'une côte de popularité républicaine mise à mal de périls en errances. N'avez- vous pas remarqué ? En suivant sur Googlenews minute après minute les échos de son avancée, les deux-tiers des articles traitent du niveau de la bourse plus que de la force des vents ou du sérieux des préparatifs. Car un cyclone, un ouragan, n'est pas un tsunami. Il s'anticipe, fait son teasing, ses effets d'annonce.


Une image me reste en tête en cette veille "d'entrée en guerre", la phrase, hier soir, d'un "spécialiste de la question" sur Europe 1 : "Rita c'est plusieurs dizaines de bombes à neutrons qui frapperaient simultanément le sud des États-Unis, plusieurs Hiroshima, sans radiation mais aux dégâts démultipliés". Rappelons que le dernier phénomène d'une telle ampleur [à l'heure ou été posté cet article Rita était le plus gros Ouragan de ce siècle ; avant d'être déclassé dès son arrivée sur les terres ] datait de 1900. Rita a mis le souk haut. Là-bas les familles pansaient encore les plaies de Katrina, à l'image des digues de la Nouvelle-Orléans, béantes ou rafistolées à la va-vite. Il n'est pas l'heure de quelque "xénophobie" anti-ricaine. Nos amis-ricains auront besoin de plus que de la compassion. Et la saison ne fait que commencer... Plus encore, ces cycles "forts" de phénomènes météorologiques intenses durent 5 à 10 ans. Il va falloir s'habituer à vivre avec ces peurs et ces dégâts. Et mettre en oeuvre de véritables politiques trans-nationales pour gérer ces crises. Voilà un point qui pourrait faire avancer bien des problématiques plus larges que ces perpétuelles gestions locales de l'urgence. Par-delà Kyoto, par-delà nos divergences...

Update > Rita à la seconde près, en image via Googlemap ici.

Update 2 (dimanche) > Rita a été déclassée et a épargné en grande partie Houston, notamment... Les pires maux ne sont pas ceux que l'ont annonce mais ceux que l'on découvre après coup.




Publié dans nues

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nico 24/09/2005 11:26

Adam > Je n'ose imaginer le liste de tout ce que l'on ne sait arréter face à celle de tout ce que l'on risque de causer... je reviens, là je dois verser une larme. Cons de nous...
Sissi > nonnon, les dieux n'ont rien à faire dans cete histoire, j't'assure :) / bienvenue !

Philjack > s'il y adhère (et il en prend(rait) lentement et enfin le chemin, je me permettrai de penser que c'est par calcul politique plus que par conviction... Lui y voit de toute façon une main plus divine qu'une conséquence (pas si évidente que cela, malgrès parcontre mes propres convictions que cela égratigne) des malfaisances humaines... A suivre / Bienvenu également :)

philjack 24/09/2005 10:11

bien vue l'oeil !
avec ces cyclones important peut etre que w busch va adherer au protocole de kyoto ,sait on jamais .

sissi 24/09/2005 03:24

Belle photo...mais foudre des dieux !

adam kesher 23/09/2005 17:54

Egalement entendu hier soir, dans le 20h de France 2 : "nous avons de quoi faire sauter la terre plusieurs fois. mais nous ne savons pas arrêter un cyclone"...

nico 23/09/2005 17:48

Bao > "même s'ils sont américains" ?! rooooo

Barnabé > tu fumes quoi ces jours-ci ?! Ben-Laden-Cabrol 'faut oser quand même !!