Sarkomail (1)

Publié le par Nico

Bonjour. Je m'appelle Nicolas. Je ne vous ferai ni mon CV, ni mon éloge, d'
autres le font mieux que je ne le ferai. Et j'aime tant quand eux le font.



Je n'ai pas cinquante ans, je suis président de la plus riche région de
France, de son plus puissant parti politique, de son principal institut de
sondage, d'autorité et de renseignement qu'est le ministère qu'un
prédécesseur du prénom de Jacques m'a confié, je suis le dauphin d'un pays
qui appelle son héro, le toréador d'une arène chauffée à blanc. Je suis dans
la lumière ; je suis la lumière.



Si je t'envoie ce mail, jeune blogger découvert au hasard d'une recherche
Google destinée à me faire livrer des sushis, c'est - entre autres, mais pas
seulement - pour te signifier mon désarrois face à quelque article lu ça et
là et dont tu dis être l'auteur. Je sais que tu ne me détestes pas. Mon
charisme plait et tu sembles être facilement (très - trop ?) séduit par ceux
qui savent s'en servir. Je me doute donc que lorsque tu m'accuses de
populisme ou de démagogie carriériste, un, tu ne sais pas de quoi tu parles,
deux, tes mots dépassent ta pensée, trois, je saurai aisément te convaincre
du contraire. Mais là n'est pas mon but ni l'objet principal de cet e-mail.



Si je viens vers toi aujourd'hui c'est afin de recueillir ton avis sur une
intérogation qui agace mes conseillers et autres Speen Doctors : devrais-je
ouvrir un blog ? Devrais-je jouer le jeu de l'interaction directe (comme
DSK) ou modérée (comme Alain) avec l'internaute (oserai-je dire « le
peuple ») ?



Je ne serai pas plus long.

Mon emploie du temps et Cécilia m'en empêchent.
Aurez-tu - auriez-vous, ce tutoiement de coutume sur le web me défrise - l'
obligeance et la gentillesse de bien vouloir répondre à ce questionnement
dont je cherche à multiplier les réponses pour y voir, enfin, plus clair.



NS.





---------------------------------------------------------------------------------------------------------------





Cher Nicolas (et ambitieux homonyme)



Tu n'as pas besoin ni du web ni de moi pour conquérir ce que faire ce doit.

Je continuerai, opportunément et simplement par goût, de te taquiner autant
qu'il me sera donné de le faire. Mais le web individuel est un lieu d'
expression redoutable autant que sous-estimé. Aussi, tourne donc cette
question sept fois dans ton staff avant de trancher. Car tu y viendras. Et
tes détracteurs n'attendent que cela. Abstient toi donc aussi longtemps que
possible et n'oublie jamais une chose : un blog ne brille que quelques mois.
Toi tu en as vingt encore à tenir. Et autant d'année ensuite pour écrire TES
pages d'histoire. Celles que l'on redoute. Attend donc la « vraie » campagne
pour lancer ta « virtuelle » propagande.



Longue et minée route à toi, Nico.



Un ami qui ne te vaut aucun bien. Et ne te fera aucun mal.

Malgré lui.


Publié dans nues

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article