Bolloré, Bébéar, Séguéla, Riboud & co.

Publié le par Nico


Mon premier a croqué Pouzhilac, arrivé en 76 chez Havas (15 000 salariés
dans 75 pays), chassé il y a moins d'un mois par ce même Bolloré, l'africain
breton, avec dix millions d'Euros en cadeau d'adieu.
Mon second a fustigé le Chi' lui recommandant de prendre le large avant que
celui-ci, comme le chante justement Renault, ne l'embarque sous son aile
Kamikaze, à l'instar d'un Méhaignerie vengeur qui fustigeait à la garden
party de l'Elysée l'enfante sacrée.
Mon troisième, conseiller des rois et des princes de nos démocraties, acteur
de l'ombre du flingage de PouPou (cf. mon premier), chroniqueur amer à ses
heures, ami de mon second, proche de mon quatrième, revient sur le devant de
la scène. C'est dire si celle-ci est ridée et pauvre d'esprits.
Mon quatrième, Patron « à la française » s'il en est (n'y cherchait aucun
sens) joue les chefs d'orchestre magicien (ses effets d'annonce ont fait
gagné 27% à l'action Danone depuis un mois) d'abord muet, plus tard
bilingue, au par avant conspué pour ses délocalisations, aujourd'hui adulé
pour l'amour transis d'une population d'ouvriers nourris au bifidus actif et
autres lactaïdes. Lu est approuvé, oublié. Un contre-feu éteint (Taitinger
?!). Antoine en digne fils de Franck joue avec Coca, avec Pepsi, avec
Nestlé, avec Unilever, cèdes ses sauces à Heinz (en juin dernier), spécule
avec les boursicoteurs, surprend les petits porteurs... De lait ?

Dans un monde globalisé d'interaction perpétuelle, d'invisibles et
déterminants flux financiers, dans un monde ou les cocons dorés se
resserrent, ou l'arbitraire archaïque idéologique prôné par quelques gourous
apocalyptiques enturbannés s'installe, dans un monde d'OPA, de contrôle
biométrique et d'eudonisme, de répliques et de bombinettes
(volontairement ?) défectueuses, à l'aube d'un nouveau maccartisme
anti-basané, de l'implosion des dits « models sociaux nationaux », dans un
monde sans Rhône Poulenc ni Péchiney où même HP et IBM flanchent, dans un
monde qui sait n'avoir que dix ou quinze ans pour se reprendre en main, au
maïs vampirique assoiffé et tueur de nappe phréatique, dans ce monde
inquiétant et pressé, cette galerie de portrait n'est pas anodine.

Quelques puissants seuls ont la voix qui porte. Face au futur trio européen
Blaire-Junhker-Sarko aux PPR-L'Oréal-Parce-que-je-le-vaux-bien, pour un
world-mécène Gates et quelques faux-cons-texans-Bushés hostiles à Kyoto et
shootés à l'or noir, combien de Hulot, combien de Massoud, combien d'
inconnus et d'acteurs responsables s'égosillent en vain à crier famine,
réchauffement ou embrasement, le cour gros, aligné dans le viseur des
artilleurs de ces « grands » ?

Au fond du couloir à droite coule une rivière, rouge sang, elle sent les
poisons chimiques et les haines raciales, elle sent la désespérance et l'
égocentrisme borné. Cette eau tumultueuse se déversera dans l'amer sans que
ni Bolloré, ni Bébéar, ni Séguéla, ni Riboud, ni l'euro-trio conquérant, ni
leur grands frères d'outre-atlantique n'aient sonné l'alerte. Si ce n'est
pour sauver leurs fesses.

Ayons l'oeil fin et le nez creux. Quand ceux-là l'ouvriront, il sera trop
tard. D'ailleurs il y a fort à parier qu'ils ne l'ouvrent jamais (cf. Gleen
Eagles), boite de Pandore ou pas, puisque eux le savent ; il n'est qu'une
solution : que NOUS prenions leur place et nos responsabilités. « NOUS » n'a
pas quarante ans, « NOUS » n'a pas vécu soixante huit et n'a pas pleuré le
paint-ball de Dallas, « NOUS » n'a connu que les guerres chez les autres et
se méfie de l'antimilitarisme ou des conflits odieusement préventifs comme
des fallacieux principes de précaution. « NOUS » est ambigu, contrasté, sur
la réserve. Coupable. « NOUS » y perd, entre autres, son latin. « NOUS » a
le dos qui se voûte et ses rêves qui l'envoûtent.

Alors, allons « NOUS » en rester là ?
Non, c'est inconcevable, n'est-ce pas ?
Si ?!

Dans cette hypothèse, ce « NOUS » reste à inventer.
Maintenant.

Dans l'urgence & co.

Publié dans nues

Commenter cet article