Rediff' [ça fait longtemps...]

Publié le par Nico





J'expérimente ici un principe auquel nous songeons, ailleurs, pour un tout autre projet :
celui de remonter régulièrement en Une un article passé pour le remettre en lumière.
Dans le cadre de cette expérience (concernant Nuesblog) le rythme de ces rediffusions sera aléatoire mais toutes les notes reproposées ainsi sont et seront celles parmi les moins lues les 30 derniers jours dans mes archives.

Paradoxalement, la liste des articles les plus lus sur cette périodes est disponible ici.
La liste de tous les articles est .

Bonne lecture ;)


 
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(Article mis en ligne le lundi 19 septembre 2005)



 






[ illustration (c'est fait), musique (non) et réponses aux comm' précédents ...demain, il est tard ce soir, je vous colle juste ici cet article écrit ce week-end dans le train... jolie nuit ]



... Ou comme bon vous semblera. Après tout, cela m’indiffère. Cet Oscar je l’aurai et je m’en contrefous. Si je prend la parole aujourd’hui ce n’est pas pour me faire remarquer, Luc Jacquet a su, mieux que quiconque, attirer sur nous la lumière aveuglante (en bien des sens) des sunlights. Non. Mais de l’usage que l’on fait d’une œuvre dépend bien plus que sa pérennité dans les mémoires. Mes amis manchots et moi sommes offusqués des interprétations plus que douteuses faites ici et là de notre marche, jugée par certains comme probante d’un « créationnisme » inique que Luc lui-même (ah ! cher Luc) estime « ridicule et dangereux ». Bien des empereurs ont causé des calamités. Mais que ces fondamentalistes crétins-là voient dans le documentaire qui nous a rendu célèbre un argument convaincant en faveur de leurs théories abjectes, permettez-nous d’en perdre ce nord qui nous est si familier. Alors voilà, moi Oscar (ou César, Maurice, Alfred, peu m’importe) je saisi ce jour l’occasion d’ouvrir mon bec et le débat sur bien des inepties, par d’autres colportées et rapportées sur notre blanche banquise.


Vous les hommes ; qui laissaient croître extrême pauvreté, précarité et inégalités, mourir de malnutrition et s’entretuer plus d’un milliard d’êtres de votre espèce, fermez les yeux sur plus de 60 pays assommés par des dettes inacceptables et laissez ceux (les yeux) de vos enfants se salir devant pornographie et injustice, vous qui n’avez pas plus d’égard pour le maintient de centres financiers offshores et autres paradis fiscaux, de corruptions en tous genres, qu’à ces près de trois millions d’africains errant au Darfour (permettez que je m’en tienne à l’exemple, la liste fastidieuse de vos divagations vous lasserait) ; ne vous semble-t-il pas trop facile et malvenu d’attribuer à quelque toute-puissance prétendument divine la responsabilité de votre (notre ?) flagrante cécité ?

Qu’un seul peuple s’érige en gardien de la paix mondiale - peuple dont le leader avant de reconstruire ses vestiges au blues flottant songe d’abord à rebâtir son image* (et sa côte, mais de popularité) – comme décrit dans un livre référent (The Case for Goliath), qu’il tende vers un mysticisme (non, je n’ai pas écrit « maccartisme ») décadent ne vous offusque-t-il pas ? N’y voyez aucun antiaméricanisme (qu’il fut primaire ou élaboré) nous sommes manchots mais point idiots. Que ce pétrole bientôt défunt – qui s’en plaindrait ? Du chaos brut naissant, au-delà des guerres, subsisteront milles solutions à ce jour inenvisagées – que ce pétrole soit l’aumône céleste d’un Dieu radin et profanateur ne vous paraît-il pas inconcevable ? Que l’on (vous ?) se batte pour des profits plus que pour le bien-être ne vous convainc-t-il pas de l’usage maléfique fait par quelques fortins de l’idée même de la déité ? N’est-il pas aberrant qu’un pingouin encostumé vous rappelle la bêtise évidente de ces démiurges que vous adorez ou conspuez alors qu’ils ne sont que les reflets de votre renoncement ?


Je suis las de vos égarements, amis humains qui vous entretuez et nous polluez. Las, comme mes confrères de toutes espèces que vous n’ayez de goût que pour votre pouvoir d’achat vos cylindrées et autres possessions et vous cachiez derrière le masque de telle ou telle mascarade idéologique pour justifier vos déments égarements. Si las que je rends sur le champ ce virtuel porte-voix à son auteur-propriétaire dont je m’étais accaparé un instant l’espace publique.



Si vous me le concédez, cet Oscar, donnez-moi celui du plus mauvais rôle. Celui de rabat-joie. J’aurais tant aimé un autre emploi. Et remontez vos manches haut, le ciel ne vous sauvera de rien. Parole d’oiseau sans aile. Vous n’avez
plus aucune excuse.





* envie d’efficacité ? Lire et décortiquer Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants, par David Ignatuse, servi réchauffé mais en français dans le dernier opus de Courrier International (l’invité, page 4)


 

 

 

Publié dans nues

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malisan 22/12/2005 16:08

texte juste et beau, merci...