Le merdier ambiant expliqué à ma mère...

Publié le par Nico









 
Note que j'écrirai quand j'aurais sorti ma tête du cul :)
qui parlera du tout économique et d'actionnariat,
des professionnels de la profession,
de réchauffement climatique et de développement (ou non) durable (ou soutenable),
d'irresponsabilité et d'inconséquence,
de faiseurs et de diseuses. 
Entre autres.

La suite dans la journée...



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Ma Maman...
(Oui, ma mère lit mon blog, et alors ?!)

Comme tu le sais, ton fiston est (très) investi dans des batailles que tu pourrais croire idéologiques.
En fait tout cela est un peu plus complexe qu'il y parait.
Je m'en vais essayer de faire simple.


Quand tu étais petite fille (ça te rajeunie pas, je sais) et que ton papa était député, tu allais consommer dans des petits commerces de proximités. A cette même époque, 70% du capital des sociétés était détenu par les salariés, cadres, dirigeants ; des personnes réellement impliquées dans la vie (et la survie) de leur entreprise, qui avait placé ainsi leur argent pour améliorer leur retraite (prévue 40 ans plus tard). Aujourd'hui, Maman, il en est différemment. 70% du capital des sociétés est détenu par des organismes financiers (ok, juste au cas où cela te parle, il s'agit d'hedge founds, fonds de pensions, assureurs, banquiers et autres polichinelles aux vues court-termistes). Ceux-là placent leur pognon sur 3-4 ans maxi (pas assez pour développer un médicament, une voiture, et je te passe milles autres exemples) et en attendent un rendement de plus de 10%. Certains ne se calment d'ailleurs qu'à 20%. Ainsi le dirigeant d'entreprise lui même n'est plus là que pour satisfaire ces dodus endimanchés et planifier tant bien que mal son propre plan de carrière. La vie et la survie de l'outil de production, comme disait Karl, n'intéresse plus que ceux qui en dépendent pour remplir leur caddie. Plus toi (veinarde retraitée - quoi que) mais moi, par exemple. Pas du tout aidés par les syndicats les plus cons du monde (ah ! on me dit que c'est en train d'évoluer positivement...) les salariés voient le profit généré par leur ouvrage mal réparti, les machines et le savoir-faire parfois partir, et leur pouvoir d'achat stagner (je fais simple, mais en réalité, il est fort probable qu'il baisse même de façon exponentielle). Le "tout économique" déjà néfaste a donné naissance au "tout finance". Regarde EDF Maman. Ils riboudent en annonçant 5 à 6 000 suppressions d'emploi et le cours de l'action se trémousse à nouveau à la hausse. Je vais faire court : temps que les clefs de notre lendemain sont entre les menottes de ces quelques costarisés boursicoteurs, ton gamin ne se taira pas. 

 
Pendant ce même temps ma Maman, les hommes politique (tiens, c'est marrant hein, on dit homme politique comme on dit femme de ménage... ok, je sors), homo sapiens sapiens politicus sont devenus des professionnels de la profession. Ils sont là pour durer (comme le lapin dans la pub), ne pensent souvent qu'à leur réélection, à l'image de notre quinquennat dont les deux dernières années ne servent qu'à proférer des promesses de faire mieux la prochaine fois, à la place du copain. Et je dis copain... Passons. Pendant ce même temps la démocratie a lassé tes concitoyens. Oui, y'a con apposé à citoyen, c'est comme ça. On s'est pris 81 dans la gueule, 100 engagements dans le c(..), puis un espèce de Chi' à lunette aléatoire est passé nous faire perdre quelques précieuses années, avant de revenir avec un score africain face à un borgne raciste et puant qui aura quand même atteint le deuxième tour des présidentielles. Aussi, ce qui se passe sur le web, Maman, est fort intéressant. La réappropriation de la parole citoyenne par les internautes est une chance sans précédent pour nos démocraties balbutiantes. On en reparlera. Ne soit pas étonnée si tout d'un coup la politique semble passionner à nouveau une frange de la population décidée à ne pas être une génération sacrifiée de plus. Et amitiés au passage à Noir & co dont je sais que tu les trouvais sympathique, à l'époque. Aussi on s'investi, on tente d'inventer (des réseaux, des lobbys, des "think tank" et autres carrefours d'idées), de se remettre en cause, mais en ne laissant plus quelques élus (t'as vu Matrix Maman ?) se partager un gâteau qui aurait tant besoin de l'audace de l'amateurisme et du renouvellement.

 
S'il est donc, Maman, une chose qui me tienne à coeur de te conter, c'est bien cette notion de développement durable. On n'est pas tous d'accord sur l'idée qu'il faut encore plus de développement, mais si l'on entend par là un développement humain vers plus épanouissement ("progrès humain" ?), on se fâche moins (tu sais, entre-nous, même sans pavé, on se jette parfois quelques fondations à la gueule !) et nombreux d'entre-nous s'accordent à dire que la fin de la croissance est amorcée au Nord, que l'après-développement sera rude à digérer et que le rattrapage des iniquités entre les plus pauvres (non, rien, tu vois de qui je parle : le 4/5 monde) et les nantis (oui Maman, nous, bien sûr) sera plus douloureux que sans doute toutes les "révolutions" relatées dans nos politisés livres d'histoire. Le réchauffement climatique, la dégradation de notre environnement et autres fuites dans les Pampers ozone, vont causer des migrations, des hypertensions, des disparitions (d'espèces, de biotopes), des glissement de climats (le Gulf Stream par exemple est en train d'aller se faire voir ailleurs. C'est pourtant lui qui adoucissait nos saisons), de conséquences sociétales et sanitaires sans précédent. Je vais faire court là aussi, ma bonne mère : on est dans un merdier identifié, les bras croisés, et l'on regarde passer le train de nos irresponsabilités et autres inconséquences.
En rageant.

 
Ce merdier Maman, il est passionnant à (tenter de) décrypter.
Il invite à s'engager.

 
Je crois qu'il faudra que l'on reparle de tout ça toi et moi.
Ton 'tiot est un faiseur, quoi qu'en pensent diseuses de mauvaises aventures et critiques de sofa.
Je ne crois pas que je supporterai longtemps cette crampe qui s'apelle "tout marchand" et qui t'exclu ("no crédit for cancer people") tout autant qu'il en tue d'autres.

 
Et dis toi maman qu'on est pas, nous français, les pires.
Qu'on y arrivera pas seul.
Qu'on y arrivera sans doute pas.
Mais que je serai de ceux qui ont dit non.
Fut-ce en vain.

 
Allé, file à ton Scrabble.
Je t'ennuie avec mes histoires...







Publié dans nues

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maman 08/12/2005 14:39

merci mon fils !!je te lis tous les jours avec plus de plaisir!!continues!!je t'aime!!maman

Nico 08/12/2005 14:46

héhéhé :)
bises à toi vieille branche !