15 jours d’actu (part 2)

Publié le par Nico











Evoquer l’actualité des ces dernières semaines sans évoquer les « évènements » dans les banlieues serait passer outre des embrasements [notamment médiatiques : chaque JT jouant les comptables d’épaves incendiées comme d’autres annoncent les numéros du loto, relayant telle performance à Monfermeille, tel record à la Courneuve, autant d’incitations inconscientes à faire mieux que l’autre pour briller davantage dans le hublot déformant de nos télé-visions]. Ce serait également ne pas souligner des prises de position courageuses ou populistes, souvent absurdes – la polygamie serait la cause de tous nos maux (!) – et parfois brouillonnent,  oublier les cannons à eau remplacés par les flash-balls, l’état d’urgence prolongé 3 mois quand le calme semble revenir - un état d’exception qui n’en sera plus jamais un - les récupérations, les amalgames, les faux-semblants. Les même qui ont supprimé la police de proximité contemple l’incapacité d’une politique 100% répressive à venir à bout d’une colère aussi multiple et enraciné que les idées-reçues et autres culpabilités boboisantes qui ont justifié raccommodages, solutions en bouts de ficelles et discriminations croissantes. Passons. La pilule, elle, ne passe pas. A l’étranger l’on évoque avec complaisance une « Intifada des banlieues », quand ce n’est pas la « guerre civile ». Le prisme journalistique, d'incompétent comptable à malhonnête, a milles couleurs obscènes, de celles qui aveuglent ou hypnotisent.
 
 
Eux sont sans statu, sans salaire, sans considération et redoutent d’être également sans avenir. Ils avancent masqués, défilent sans passion, sont force de proposition et, qu’on le veuille ou non, sont les exclus d’un système dans lequel ils ont pourtant tout tenter pour s’intégrer. Eux, ce sont les stagiaires issus de nos moules à pondre du temps de devoir entreprenarial formaté. Ils n’existent pas. Ou tout du moins pour exister devront-ils, petits soldats d’une économie aliénée, œuvrer toute une vie à "s’élever", jusqu’a constater, comme tant d’autres, combien ils se seront usés à servir sans foi une cause universelle assassine : le profit.


Pendant ce temps, l’hiver était arrivé.
Avec lui les sempiternels échos de morts, morts d’ignorance, de froid ou d’égoisme, retrouvés sur un banc, dans une voiture épave ou devant le porche de cossues résidences. Pendant ce temps, un lumineux et accablant rapport sur l’alcoolisme en France tombait, espérons-le, dans des mains sans corne ni cale, celles de ceux qui pourront, ou non, en faire une cause nationale, à l’instar de la lutte contre le cancer ou de l’insécurité routière. Pendant ce temps le Chi’ rechaussait lunettes et paternalisme gaulliste pour voler au secours (mais sans éclats) d’un gouvernement secoué par un "Sarkosy Criquet" donneur de leçon de « parler vrais » et de « parler fort ». Pendant ce temps toujours, la France s’illustrait en innovant en matière de solidarité verticale (Nord-Sud) aérienne, Le Monde Diplo sortait un numéro exceptionnel (encore en kiosque quelques jours) et un supplément (Manière de voir) toujours détonant [ce sera l’objet d’un prochain article, mais jetez donc d’hors et déjà un œil au Manifeste de Porto Alegre, riche en sommations constructives. Et cyniquement qualifiées d’utopiques par « qui de droit »]. Pendant ce même temps, Libé pondait 20 propositions pour réveiller la gauche qui en rappellent 100 autres, restées entre tiroirs, placards et piles indigestes de dossiers classés. Et le Point de signifier pourquoi, comment et à travers qui la binaire notion de droite-gauche serait en voie d’extinction. Si l’on en est loin, voilà en tout cas une évidente nécessité qui s’accommodera bien difficilement de notre moribonde culture d’alternance (peste-choléra-peste-choléra-etc).


Loin, très loin de notre gallinacé patrie, W est bousculé, voir mis à nu, Berlusconi harcelé, Blaire attaqué de l’intérieur, Poutine fomente des plans fumant avec son géant et bientôt surarmé voisin au deux tiers de la population "agraire" et en instance de révolte, le Pakistan paie en milliers de vies notre faculté à ne s’émouvoir qu’à un rythme supportable pour notre confort, L’Irak notre incapacité à transcender l’unilatéralisme guerrier de faucons allybérisés par quelque influence positive que ce soit, et beaucoup, mais alors beaucoup plus loin dans l’hyperespace charcutier, la rillettes de synthèse du Mans voyait le jour. Par le trou de la lorgnette. 
 
 
Les prophètes de l’apocalypse pourront longtemps appuyer là où ça fait mal.
En phase terminale l’anesthésie à l’opiacé rend les souffrances plus relatives.
Nous n’allons pas dans le mur.
Nous en sommes au pied.
Et la varappe ne s’apprend pas dans les grandes écoles.





La semaine prochaine dans Nuesblog :
° Le dossier maison "un blog = une marque"
° Mélodie Marcq, interview d’une artiste hors norme
° Douzes propositions pour un forum mondial
° …Et les chroniques, coups de coeur et coups de gueule du jour



Publié dans nues

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nico 28/11/2005 18:13

Christophe > oui, évidemment. Et non, paradoxalement : ta liberté d'expression en est la preuve, libre à chacun de ne pas se mentir, de chercher...

Soom > catégorique ? je suis mal placé pour en juger, peut-être. Mais violent ?! Merci en tout cas ;)

soom 28/11/2005 18:08

J'aime beaucoup le style meme si parfois cela parait bien violent et catégorique. En meme temps, tout le monde sait bien qu'il faut désormais frapper fort pour etre vu... en tous cas : continues. c'est vraiment sympa de te lire.

Christophe Moreau 28/11/2005 01:29

Ne vivrait-on pas dans le mensonge et lŽillusionisme permanent?? cŽest la question que je me pose....
http://pensamiento.over-blog.com/

malisan 27/11/2005 21:29

chouette retour à l'actu en mots et en belles images, vive l'actu par nico, bonne fin de week end, bises

nico 26/11/2005 19:22

j'en prendrais volontier :)