Une page se tourne et sonne l'heure du bilan pour notre enquête sur les "Ducs" (les auteurs les plus lus de la blogosphère).
> Épisodes
1,
2 et
3 pour mémoire (et premier tableau récap >
ici).
[Voici ci-après le tableau récapitulatif final des données recueillies]
Concrètement :
° Qui sont les "Ducs" ? > Les bloggers les plus mis en avant par les moteurs de recherche sont... Les plus anciens bloggers (le nombre de liens et de sources pointant vers leur url étant plus important, ce qui est lié à la méthode employée ici). Ce ne sont pas forcément des leaders d'opinion (on y reviendra) mais des auteurs influents (peu) sur leur lectorat régulier (et souvent sur une thématique spécialisée).
Ce sont des personnes qui ont réussit à tisser un lien étroit (de dépendance ?) entre leur activité professionnelle et le blogging. Le blog est un outil phare de leur business. Pas une source de profit mais de valeur ajoutée. Le trio de tête [nb: dans cette dernière liste j'ai intégré d'autres éléments confidentiels pour affiner le classement] est à ce titre explicite : le dirigeant Europe de l'un des principaux outil de publication, puis le fondateur et rédacteur en chef du principal journal (webzine) d'information sur les blogs (recapitalisé ces derniers mois) et le fondateur et dirigeant de la boutique virtuelle chouchoute des bloggers (et véritable model de développement économique en appui sur l'outil-blog et ses communautés) nouveau partenaire chéri de Célio. Ceux-là gagnent notamment dans les blogs ce que ceux-ci leur évitent de dépenser en communication (voir DSK, seul homme politique blogger présent dans ce classement ou le cas des
présentateurs télés et
journalistes qui y trouvent non seulement une caisse de résonance mais une source d'inspiration ou d'influence - je peux en témoigner : les abonnés à ma newsletter ne sont que des journalistes et un
ancien rédac-chef)
De quoi parlent les "Ducs" ? > de tout, d'eux, de blog, d'actualité occasionnellement, mais chacun a sa "patte", sa spécialité (politique locale, technologies de l'information, cuisine, musique...). Plus que sur le fond, le point commun est flagrant sur la forme : les Ducs postent globalement court, souvent et sans arrêt prolongé. nb: l'essentiel d'entre-eux ne se contentent plus d'un seul site internet depuis bien longtemps. Leur nombre de commentaires par note (moins d'une vingtaine en moyenne) est important mais "rien" (quantitativement, on s'entend) comparé à un skyblog de "classe moyenne".
Vivent-ils de leur "art" ? > Non. A l'exception de celui qui a fait de cette technologie le principal mécanisme de sa force de vente et de son marketing (La Fraise) les revenus sont faibles voir dérisoires (le cas des ventes Amazon est caractéristique, Loïc vendant quand même un livre par jour) et souvent source de désagrément (GoogleAds sans aucune cohérence, lecteurs désappointés par la présence de publicité). Ce n'est pas faute d'avoir essayé d'en tirer des revenus. Le blog use, réjouit, passionne, bouscule mais paie peu.
Sont-ils des leaders d'opinion ? > Non. Des relais. Il apparaît clairement qu'aucun blogger est "seul" un relais d'opinion efficace en quelque domaine que se soit, fut-ce un Duc. C'est en effet dans le réseau - le nombre donc - que se trouve la force d'influence du "formidable outil" de bouche à oreille évoqué ça et là. Évidences. Nous sommes en fait "tous" des relais d'opinion(s) qui prennent sens et efficacité dans l'absence de conflit d'intérêt de nos prises de position et les possibles synergies des points de vues exprimés.
Peut-on inventer "notre" (un autre) "business model" ? > ... Il est bien peu évident ce modèle. Aucun auteur des blogs aujourd'hui ne peut prétendre séduire suffisamment de lecteurs pour leur proposer un abonnement contre paiement à son contenu. Les publicités rapportant au prorata du gain envisagé, elles sont sans grand intérêt. Le "paypal" volontaire reste une utopie ("soutenez moi !!"). Amazon n'est pas bien généreux. Ebay arrive à tâtons... Et aucun média traditionnel (presse) n'a a ce jour de projet de rachat régulier de contenu (articles, piges) à des bloggers pour leur contenu papier ou un canard dédié - Dieu sait que j'y pense pourtant, et Cyril semble-t-il également. Passons sur les blogs version livres, le chapitre serait plus long que rémunérateur là encore. Reste alors : le rêve de mécénat, la "prostitution" (comme Maya en son temps, troquez des photos de vous "nues") et la vente de "muguet" (quelque soit votre muguet)... Ou tentez l'imagination et l'esprit d'entreprise ! Inventons, brainstormons, remontons nos manches. La solution est sous notre nez. Ou continuons à trouver charmant ce lectorat dérisoire mais si précieux qui nous est fidèle (vous, moi, y-a-t-il seulement plus de lecteurs des blogs que de bloggers ?) et de se contenter de ce travail exténuant (ou non) qui nous nourrit...
Le soir viendra bien où vous trouverez 2h pour blogger.
En cas d'excès, faites comme ce joueur de casinos qui s'est retourné contre Partouche...
Portez plainte contre la plate-forme qui vous fourni une solution de blogging ;)
C'est addictif et nuisible au capitalisme (blogger Vs travailler).
Mais rappelez-vous... Tout cela est de VOTRE faute !
Pour moi le blog reste avant tout une réappropriation de l'écrit et de la citoyenneté. Une formidable chance d'expression et d'existence dans un "monde" ou l'on forge quotidiennement plus que son apparence et son cercle d'affection : ses convictions et ses rêves.
Un regard croisé >
Celui
d'Adam Kesher,
blogger depuis peu mais "homme de médias" d'analyse et de communication s'il en est.
"Tentative d'analyse du modèle des « Ducs ».
Pas forcément facile d'analyser des blogs que, à
l'exception de celui de Loïc Le Meur, je n'avais
jamais lus avant ton étude. J'essaie de répondre ici à
deux questions : qu'ont en commun les Ducs ? A quoi ça
les avance d'être des Ducs ?
Technophilie ou proximité ?
Le premier point, qui saute aux yeux, est qu'il n'y a
pas « un modèle » mais des modèles. En soi, c'est
rassurant. En caricaturant horriblement et je m'en
excuse à l'avance auprès des Ducs qui me liront, j'ai
l'impression que les 7 Ducs analysés appartiennent à
deux écoles :
1. Les blogs de technophiles assidus (Embruns, Kiss in
the dark, Standblog, Le Meur) : ils parlent (ou sont
capables de parler) de technologie, d'informatique, de
solutions, de blogs, et ils le font souvent.
2. Les blogs de proximité (MonPuteaux, Petite
anglaise, la Fraise) : proximité géographique
(MonPuteaux), proximité avec l'auteur (Petite
anglaise), proximité avec une marque (La Fraise). Je
n'ose pas le terme de citoyen pour qualifier les
trois, mais deux des trois me semblent l'être.
Je serais prêt à parier en particulier que le modèle «
MonPuteaux » a un bel avenir : en France, on aime
l'info locale (cf. le poids de la presse quotidienne
régionale en France). Celle-ci pourrait donc
facilement se développer sur des zones urbaines
provinciales.
En revanche je ne suis pas sûr que les technophiles
assidus laissent beaucoup de place aux nouveaux
entrants. Nos Ducs technophiles sont très calés dans
leur domaine et je ne sais pas ce qui pourrait
remettre en question leur leadership sur leur
expertise.
Snacking
Ce qu'on ne voit pas dans les « Ducs », ce sont des
blogs très analytiques. L'info y est souvent courte
(sauf chez Petite anglaise me semble-t-il), régulière
(certains postent 3 ou 4 fois par jour, aucun ne reste
deux jours sans blogueur), et, je suppose, fraîche
(blogs leaders sur une info vs. suiveurs). Ce sont des
blogs qu'on grignote.
Des blogs qui proposent du temps de cerveau
disponible, pour autant ? Certainement pas. Les
commentaires m'y semblent généralement d'assez bon
niveau.
On voit aussi deux effets boosters : celui décrit par
Laurent Gloaguen à propos de Neuro (ne comptez pas sur
moi pour résumer, allez lire ci-dessous) ; et le blog
proposant des versions bilingues de certains articles
(Kiss in the dark, Petite anglaise).
Etre un Duc, pour quoi faire ?
Enfin, et on le voit immédiatement en lisant les
réponses des 7 Ducs, les revenus sont modestes, sauf
quand le blog est la vitrine d'un business (la Fraise,
le Meur).
Je ne connais pas l'audience exacte des uns et des
autres mais il serait intéressant de comparer leurs
revenus publicitaires vs. les revenus publicitaires de
sites commerciaux. Les Ducs sont probablement
perdants.
Pour les blogueurs qui veulent tirer des revenus de
leur rédaction, il faudra donc travailler sur leur «
marque » et espérer être remarqués par des annonceurs
ou des agences (travaux de rédaction, de design).
Point intéressant de Le Meur sur ses économies
d'agence RP. Qui à mon sens montre qu'il a un besoin
de RP relativement « basique » (remplir une salle de
conférence, etc.), mais que les agences ont aussi
intérêt à regarder de près ce qui se passe.
Intéressant aussi en ce concerne les contacts
commerciaux et le temps gagné à ne pas prospecter.
Mais cela s'applique beaucoup plus facilement au
business de Le Meur qu'à un autre business.
Dernière chose : on peut toujours se dire « il faut
poster court, avoir un blog bilingue, des infos qui
circulent vite », etc. mais je suis sûr que les blogs
de Ducs ont d'abord convaincu par une exigence, une
cohérence et une qualité d'ensemble : preuve en est
que la notoriété de leurs auteurs dans le monde «réel»,
même celle de Le meur, est très limitée."
Les Ducs en chiffres :
Prochaine enquête/dossier... Le mois prochain !
Retour au fil "normal" de la vie de ce blog (et donc à l'actu) dès demain.
Le tôlier :)
J't'invite sur mon forum tu pourras y laisser toi aussi un petit commentaire voir meme participer aux debats ! ;) forum de discussion
@ tres bientot !
Il y a sans aucun doute un potentiel de publication "papier" pour le blog - tu en sais quelque chose - mais sans doute faut-il encore laisser un peu de temps à la blogosphère pour s'installer dans les mentalités du monde réel, comme le souligne Adam.
En attendant, essayons de produire des blogs de qualité, bien écrits et réfléchis.
Peut-être faudra-t-il pour cela s'affranchir davantage du rythme plus ou moins explicitement dicté par les plateformes dont l'intérêt est évidemment de pousser au stackanovisme éditorial. Ce n'est pas pour rien que je suis passé en mode "hebdo" pour Retour de pêche.
Enfin, ce que je dis là ne concerne pas ce que j'appellerais le "blog de conversation" qui lui, doit au contraire privilégier l'instantané et le spontané.
NB > dans tout ça on l'a oublié, lui > Jean Véronis :
http://aixtal.blogspot.com/2005/11/aixtal-une-bougie-et-228-000-visiteurs.html
et lui > Frantico :
http://www.zanorg.com/frantico/
Bien vu Laurent, nous sommes tous guettés par la dictature de l'audience. Rien de plus normal que de vouloir se booster jusqu'à un certain point. Mais il est parfois très dur de faire la part entre ce qu'on écrit parce qu'on y croit et ce qu'on écrit pour booster l'audience.
Peu de commentaires sur tes posts "Ducs" par ailleurs, pourtant les blogs aiment parler de blogs... Faut-il y voir un découragement face à la longueur des posts ?
Pour donner une idée de l'influence de ces thèmes, mon nombre de liens entrants google / technorati a été multiplié environ par 12 / 7 tandis que les visiteurs uniques quotidiens ont simplement été multipliés par quatre, à tiers à la moitié d'entre eux environ revenant plus ou moins régulièrement.
Walla, mes deux cents