Une chance folle

Publié le par Nico



 
 
 
 
(Colère de violon / Arman)


 
Arman est mort, Mehlis est un sniper (même) politisé, Liban et Syrie des chaudrons sans potion magique, Marseille est toujours prise en otage, la diversité culturelle donne le ton et l'Unesco craint pour ses bailleurs, Mayotte compte plus de clandestins que de contribuables, la Chine lance sa guerre des étoiles par nanosatellites interposés, l'ISF est fusillé, l'excision une horreur qui perdure, Ingrid tend l'oreille et les concerts lui donneront une voix, Wilma fait son trie sélectif, Sadam parade et tombent les hommes, Naltchik vie aux sons des rotors. J'ai connu week-end plus calme.
 
Pourquoi une chance folle ? Car naître ici, grandir ici, être malade ici, n'être pas d'accord ici, vouloir changer son monde, sa vie, ses aspirations, ici, est chose possible. Car l'information, l'éducation, la médecine, le débat vie ici. Plus ou moins vertueux, pragmatique, lucide. Mais il vie. Parce que vos enfants ne crèveront pas de faim. Parce que l'on peut être fier sans être patriote, critique sans être pourchassé.
 
Une folle chance car caduque. Ne pas saisir cette chance, ne pas savoir jouir de cet opportunité serait criminel ou juste con. Les blogs regorgent de ressources, de cris, d'élans. Le web est un facteur chance.
 
Dans nos mémoires, puisse Arman ne jamais périre, Mehlis continuer à oeuvrer sans plus de pressions, les Orients gangrenés se remettre de cet oeil ricain qui regarde ailleurs (pour combien de temps ?), Marseille se relever sans casse sociale, l'Unesco survivre à son courage à la Don Quichotte, Mayotte dépasser la si grande misère qui fait de ses récifs des mouroirs, les petites filles d'Afrique ne jamais croiser les bistouris de la décadence et ceux de la démence, la Chine se tourner vers les siens et foutre la paix à ses voisins (avec un budget de la défense supérieur à 50 milliards de dollars par an, croisons les doigts et les visées), les plus riches contribuables se féliciter d'un bonheur qui ne durera qu'un temps, Ingrid ne pas périre dans ces combats où l'on tue pour lutter contre la corruption et se finance au narcotrafic, où l'oublie guette derrière chaque fourré, Wilma se perdre et signer la fin d'une série noire ou tombent surtout ceux-là, Sadam pourrir entre les murs suintant de sa cellule et les fantômes de sa haine hanter ses nuits, et puissent les oppressés plus ou moins russes éviter balles et exactions.
 
Nous avons une chance folle.
La chance est une pure folie.

Et puis la folie devint sens.



 

Publié dans nues

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2ligne 24/10/2005 10:25

Une nouvelle année devant toi qui s'ouvre avec beaucoup de grain à moudre
Bon courage