[to be continued]

Publié le par Nico






 
 


C'était en octobre.
L'automne aime les révolutions de velours.
Les premiers pas.
Les chuchotements.
 

Les enfants du voisinage couraient dans la cour, l'innocence coulant à grosses gouttes sur leurs visages halés. Le soleil tapait encore fort et la température étouffante rappelait ces canicules dont seul les étés nous livraient au par-avant les fruits démoniaques. Les vagues n'avait jamais atteint Bordeaux, mais des 80% de banquises subsistantes en 2000, il n'en restait à ce jour que la moitié. Et plus un oiseaux ne chamarrait ce ciel azur.


2100 était une année folle ; ce siècle qui venait de s'achever une hérésie.
Nul ne s'était imaginé vivre si longtemps, si nombreux, si pauvres.
Nul n'avait un instant songé il y a moins de 100 ans que les Cassandres puissent avoir visé juste.
Nul, jusqu'à cet été de l'an 6.
 

S'il n'y avait eu cette guerre entre les géants de l'Est, s'il n'y avait eu ces pénuries croissantes et ces migrations aux images si troublantes, de la misère rampante aux larmes de ces gamins, aucun n'aurait alors sans doute pris conscience de l'impasse que la minorité bruyante décrivait à tue-tête à quelques sourds et autant d'aveugles aux portefeuilles boursiers savamment gardés.
 

Il avait fallu la grande crise, passer de la déplétion à la régression, du capitalisme effréné au capitalisme freiné, de la démocratie de partis à celle citoyenne, de la "grosse peur" au "dramatique constat". Il avait fallu ces films qu'Hollywood décria, cet affrontement auquel l'ONU ne su s'opposer et les premières grèves des Suds pour éveiller les consciences endormies. Cela et plus encore. Mes souvenirs s'embrouillaient.
 

Lilou et Jazz dormaient en guenilles.
J'avais pris l'habitude de les accompagner lors de la sieste.
Leurs parents étaient absents et le fruit de mes fruits ronflait paisiblement dans la ferme ouverte à tous les vents salvateurs.
J'allais à mon tour rejoindre Morphée quand j'ai eu cette pensée.
 
Comment avions-nous pu passer si près du pire ?
Comment avons-nous su en revenir ?
Il me faudrait prendre le temps d'écrire à nouveau pour comprendre en me retournant au crépuscule de mes jours.
 

L'on n'est jamais réellement près à partir.
De la haut je ne sais, "in fine" si je pourrais garder un oeil sur eux.
J'étais triste ce jour là et savais trop pourquoi.
Si l'amour vit d'espoir, il périt avec lui.
 

Publié dans nues

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Nico 01/11/2005 21:05

merci :)

Teillier Dominique 01/11/2005 14:52

sympas ton blog,au plaisir de te lire , amitié

Domi